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Une autochtone se prononce contre la loi 96 du Québec


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Même les saintes peuvent dire des sottises

LA PRESSE – Par Patrick Lagacé – Jeudi 16 septembre 2021

 

Elle s’appelle Nakuset et elle fait œuvre utile : elle est la DG du Foyer pour femmes autochtones de Montréal. Sachant l’immense détresse des autochtones en situation d’itinérance, Montréal a besoin de voix comme celle de Nakuset.

La Ville de Montréal a fait signer son Livre d’or à Nakuset, une femme crie, en juin dernier : on a reconnu qu’elle « fait une véritable différence dans la vie des hommes et des femmes autochtones vulnérables et de leurs enfants ».

Bien fait, bien dit. Cette femme est quelque chose comme une sainte, sur l’itinérance.

Mais Nakuset est allée dire une considérable sottise, mardi dernier.

Dans une vidéoconférence sous l’égide du Quebec Community Groups Network, un organisme qui relaie les préoccupations de la communauté anglo-québécoise, Nakuset a déclaré que le projet de loi 96 allait mener à la mort d’autochtones, rien de moins, par la politisation du service d’urgence 911.

Je cite The Gazette, qui a couvert l’allocution de Nakuset : « Elle a peur que la loi limite l’accès aux services en anglais au point que, si les gens appellent le 911 et parlent anglais, ils vont se “faire raccrocher la ligne au nez”. »

Rien dans le projet de loi sur la langue officielle et commune du Québec n’indique que le 911 devra traiter les appels faits uniquement en français. Plus de 44 ans après l’entrée en vigueur de la loi 101, il n’a jamais été question de réserver le 911 au français.

Je prédis personnellement que cette idée de raccrocher au nez des locuteurs anglais, si elle était émise par le plus caricatural de nos nationalistes à ceinture fléchée, serait unanimement torpillée dans la nanoseconde…

Parce que c’est fou net.

Nakuset peut bien sombrer dans une campagne de peur, c’est son affaire. Même si ses états de service sont absolument admirables, même si le reste de ses propos tombait sous le sens, c’est dans la droite ligne des campagnes de peur menées par des – j’insiste : DES, pas LES – anglophones depuis 50 ans, chaque fois que le Québec a voulu protéger le fait français.

Prenez Me Anne-France Goldwater, qui a devancé Nakuset dans l’ignominie, récemment : elle a amalgamé le projet de loi 96 au nazisme. Six millions de Juifs auraient préféré un projet de loi linguistique au nettoyage ethnique du IIIe Reich.

Le lien Québec-Allemagne nazie, ça faisait un bail, quand même : on se croirait en 1980.

***

Parlons de journalisme, 30 secondes. La présidence de Donald Trump a conduit à une mise à niveau du journalisme américain. Comment couvrir un président qui ment à répétition, qui relaie des théories du complot sur toutes ses considérables tribunes ? En disant que le président ment ! Pas en relayant bêtement ses propos, ce qui relève de la sténographie, pas du journalisme.

Et quand des journalistes américains disaient que le président mentait, tout ce que l’Amérique du Nord comptait de progressistes applaudissait.

Breaking News : il faut souligner les mensonges des gens qu’on couvre, qu’importe qui sont ces gens. Même quand il s’agit d’une militante comme Nakuset, qui jouit avec raison d’un capital de sympathie immense.

Des journalistes, et de leurs boss, je m’attends à plus que de la sténographie. Et la couverture de The Gazette sur le dérapage de Nakuset est plus proche de la sténographie que du journalisme.

Je sais qu’historiquement, The Gazette a été taxée de mauvaise foi face aux mouvements d’affirmation des Québécois francophones. Je pense que le journal a évolué, comme les anglophones du Québec ont évolué, eux qui ne forment pas un bloc monolithique. Mais relayer sans les contredire des propos qui affirment faussement que le 911 pourrait raccrocher la ligne au nez de locuteurs anglophones si une loi sur la primauté du français était adoptée, c’est…

Mettons que ça ne fait rien pour pulvériser certains préjugés historiques face à The Gazette.

***

Je termine avec deux évidences.

Un, la communauté anglophone a droit à des services de santé en anglais, comme les francophones hors Québec ont droit à des services en français. Le projet de loi 96 suscite des inquiétudes chez les Anglo-Québécois, des inquiétudes légitimes. Ces inquiétudes reposent sur mille anecdotes individuelles. Ils doivent être rassurés là-dessus.

Deux, les autochtones du Québec font face à des obstacles systémiques qui font qu’ils sont moins bien soignés que la moyenne des ours, un phénomène qu’on retrouve from coast to coast. La mort tragique de Joyce Echaquan a mis en lumière le caractère mortel du manque de sécurisation culturelle et des biais inconscients pour eux, dans nos hôpitaux. C’est inacceptable.

Mais on peut émettre des préoccupations légitimes à propos des deux évidences ci-dessus sans tomber dans l’enflure qui ne vise qu’à semer la peur dans le cœur de nos concitoyens : rien n’indique que le 911 est en voie de raccrocher au nez des Anglos, loi 96 ou pas.

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