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GaétanL

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À propos de GaétanL

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    Novice

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    Homme
  • Région du Québec
    03 Capitale-Nationale
  • Ville
    Québec
  • Intérêts
    Pêche à la mouche, saumon

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  1. Oui, et c'est des beaux souvenirs pour mes fils. Ils ont vécu plusieurs de ces histoires.
  2. Je m'amuse à écrire mes petites histoires de pêches. C'est des histoires de pêche mais elles sont véridiques. J'en ai plusieurs de rédiger que je compte poster à un moment donné.
  3. Lorsque arrive les dernières semaines de la saison de pêche à la truite mouchetée, la pêche devient plus une chasse à la truite qu’une pêche normale du printemps ou de l’été. En effet, dès la fin août, les truites commencent à se concentrer sur certains recoins des plans d’eau en préparation de la fraye qui aura lieu après la fermeture de la saison. Le plus grand défi à cette période de l’année consiste à trouver où se cache ces truites ayant leurs belles couleurs d’automne. Une fois le spot trouvé, la pêche est souvent mémorable et très spectaculaire. Dans le temps des clubs privés de chasse et pêche, au début du 20e siècle, la saison de pêche s’étirait tard à l’automne. Les membres des clubs, souvent de riches américains en quête d’aventures en pleine nature sauvage, avaient la chance de combiner la chasse aux gros gibiers et la pêche aux grosses mouchetés. C’était la saison des truites trophées. Les grosses truites, si difficile à prendre durant les chaleurs de l’été, étaient lors de la fraye plus agressives pour nettoyer leur site de ponte. Les archives de ces clubs dans lesquelles étaient notées les statistiques de pêche montrent souvent que les truites record de plus de cinq livres étaient souvent récoltées en septembre. Je n’ai pas vécu ce temps béni pour certains ou l’enfer pour d’autres qui n’avaient pas le privilège d’accéder à ces vastes territoires des clubs privés. Par contre, on a la chance d’être inviter annuellement au club des Étangs sur le territoire de la Seigneurie de Beaupré en fin août ou début septembre. Ce vaste territoire privé près de Québec est découpé par près de deux cents clubs dont le club des Étangs au nord de Baie St-Paul. Depuis les nombreuses années où on répète ce séjour de fin de saison, le défi est presque toujours pareil ; où se cache les truites. Il y a quelques années lors d’un de ces séjours de fin de saison, on avait choisi d’aller essayer le lac Croche, l’un des trois lacs réservés au club des Étangs. Ce grand plan d’eau a la réputation de ne pas être facile. Soit on fait une très belle pêche ou soit on revient bredouille. Avec le lac Croche pas de demi-mesures ; c’est tout ou rien. Arrivé au quai, on constate que la partie ne sera pas facile. Il vente assez fort pour faire des moutons au centre du lac. Mon frère Yves et moi, on décide de faire le tour du lac en mouchant près du bord. Après quelques heures, on n’a pas encore trouvé le spot recherché. Seulement quelques petites truites sont venues voir nos mouches. En retournant au quai, on essaie quelques lancers près d’une vielle cabane à castor adossée à la paroi rocheuse. Paf ! Une grosse truite mord à ma mouche dès le premier lancer. Impossible d’ancrer la chaloupe avec ce vent. On fait des passes en contrôlant le moteur pour ne pas déranger les hôtes de ce coin. À chaque fois que nos lancers tombent à quelques pieds de la cabane, une truite, une belle truite digne de la réputation du Croche, prend férocement nos offrandes. Notre panier se remplit à un rythme assez rapide. Oui, on l’a trouvé le spot. À une autre occasion, on avait constaté que même notre façon de moucher devait s’adapter aux comportements de la truite près de la fraye. Par une journée ensoleillée sans vent, on avait remarqué quelques gobages à la surface à l’entrée de la baie du lac à l’Ours. En approchant, on pouvait voir un ombre près de l’endroit des sauts observés. Des centaines de truites étaient entassées les unes sur les autres à environ trente pieds de notre chaloupe. Malgré, les belles présentations de nos mouches et les mouvements appliqués à nos soies pour les attirer, les truites ne mordaient pas. C’est frustrant de voir tant de truites et d’être incapable de les faire mordre à toutes les mouches de notre coffre. On a beau changer nos mouches, noyées, sèches, grosses, petites, foncées ou colorées rien ne semble les intéresser. Elles daignent seulement donner un coup de queue sur nos mouches de temps en temps pour rire de nous, pauvres pêcheurs. Par hasard, je tente un lancer sans ramener immédiatement la soie vers moi mais en laissant plutôt descendre lentement la mouche. Çà mord ! On a vite adopté cette tactique de lancer passif et les belles truites se sont entassées dans notre panier. En 2019, en arrivant pour l’un de nos séjours de fin de saison, Guylain, le préposé qui s’occupe des lieux et des invités, nous informe que la pêche est difficile et que les deux derniers groupes du club ont eu de la misère à récolter leur limite de poissons. On devra donc trouver le ou les bons spots pour faire mieux que nos prédécesseurs. Le premier soir, je décide de faire un essai sur les Étangs en face du chalet. Les premiers lancers à la mouche nous démontrent que la pêche n’est pas si difficile qu’annoncé. Les truites sont petites mais elles défendent leur coin avec vigueur. Le lendemain matin, Sylvie et moi, on pêche sur le lac à l’Ours. Je suis pas mal sûr que les truites seront au rendez-vous dans la baie en préparation pour la saison des amours. En arrivant à la chaloupe, on fait un petit tour de prospection vers le centre du lac. Ce coin est généralement assez fréquenté par les truites durant l’été mais là c’est mort. Pas de temps à prendre, on se dirige ensuite vers le fond de la baie peu profonde joncée de billots. On doit prendre des précautions pour ne pas frapper avec le moteur les billots morts sous la surface. En navigant lentement et faisant quelques lancers, Sylvie remarque des sauts de truites dans un coin peu profond entouré de vieux chicots. On approche doucement à la rame pour ne pas effaroucher les truites. Les premiers lancers de nos mouches sont vite récompensés. Dans les faits, chacun de nos lancers est attaqué par une truite colorée. Les combats sont spectaculaires dans cette eau peu profonde. Il doit y avoir plusieurs centaines de truites rassemblées dans cette superficie d’environ 400 pieds carrés pour que l’on puisse avoir autant d’attaques en lançant toujours au même endroit. Elles sont toutes très belles et plusieurs de belles tailles. Environ trente minutes après nos premiers lancers nos trente truites sont prises. On laisse le coin à nos amis dans l’autre chaloupe du lac qui se doutaient bien qu’on avait trouvé l’eldorado dans cette baie. À chaque fin de saison de pêche, je suis déçu que la saison aie passé trop vite. Il me semble que je n’ai pas fait toutes les expéditions que j’avais prévues. Par contre, j’ai toujours hâte de partir à la chasse à la truite pour terminer en beauté ma saison.
  4. Notre dernier voyage de pêche avec papa Cette histoire débute par la recherche d’un cadeau de Noël pour mon père. Ce n’est jamais facile de trouver une idée de cadeau pour une personne d’un certain âge ou d’un âge certain. Finalement, mon frère Yves et moi, on a pensé lui offrir un voyage de pêche dans une pourvoirie accompagné de ses deux fils. On n’a pas eu souvent l’occasion de pêcher avec notre père lors de notre enfance. Même si Yvan a travaillé presque toute sa vie dans des boutiques de chasse et pêche dont la Maison d’armes à feu et Latulippe, il nous disait souvent : — ‘Je travaille toute la semaine dans ce domaine, bien, je n’ai pas trop le goût de pêcher durant mes rares jours de congé’. De plus, à son époque, les voyages de pêches étaient réservés aux hommes. Pas aux enfants et encore moins aux femmes. C’était l’occasion de retrouver ses frères et beaux-frères pour décompresser dans le bois. Mon frère et moi, on était toujours impressionné de voir les truites qu’il ramenait de ses séjours souvent au lac Malbaie dans le Parc, comme on appelait dans les années soixante la réserve faunique des Laurentides. Donc, on achète un forfait de trois jours pour le début de la saison 2000. Finalement, après plusieurs appels téléphoniques de mon père pour vérifier qu’on ne manquera de rien, c’est le jour du départ. Malgré toute la bouffe que chacun a apportée pour le séjour, on arrête à Tadoussac pour compléter l’épicerie. Ce n’est pas durant les trois prochains jours qu’on va maigrir. En arrivant au Club de chasse et pêche Tadoussac, le préposé à l’accueil de la pourvoirie nous assigne un lac pour notre pêche de soirée. Le lac Sapin semble un bon choix. La route n’est pas trop longue à partir de notre chalet et la truite a commencé à mordre sur ce lac selon les résultats des dernières journées. Donc, on ramasse nos coffres de pêche et nos cannes. On se dirige vers le lac à 16 heures. Si on est chanceux, on mangera nos premières truites pour souper. Arrivé au lac assigné, on installe le moteur électrique et on avance dans la baie vers le lac principal au loin. Notre trio de pêcheurs en profite pour monter ses cannes et puisque la truite saute, on y va pour la moucheuse. Yves, comme il le fait presque toujours opte pour une Par Belle Silver et une Montréal Dark et moi pour une mouche Miracle orange et une Muddler blanche. Vous vous dites peut-être, pourquoi deux mouches. Mon frère et moi ont a appris à pêcher à la mouche avec mon oncle Roger. Celui-ci répondait toujours à ceux qui lui demandaient la raison de mettre deux mouches ‘Ben pour en pogner deux en même temps’. Donc, on commence à pêcher pendant que notre père hésite encore sur le choix de sa ou ses mouches. Ça mort pas à peu près. On a fait à peine 100 pieds depuis le quai et chaque lancer nous donne de l’action. Finalement, Yvan finit par mettre sa canne à l’eau pour pêcher les dernières truites du quota de la journée. D’après moi, il avait autant de fun à nous voir pêcher qu’à pêcher lui-même. En résumé, une petite pêche rapide pour nous permettre de bien s’installer dans notre chalet et de passer une belle soirée. De retour, à notre chalet vers 18 heures, on retourne à l’accueil pour déclarer nos prises et pour connaître notre lac pour la pêche du lendemain. Le préposé nous propose le lac Dufour en mentionnant que la pêche sera probablement plus difficile puisque ce lac ne semble pas encore réveillé en ce début de printemps. Le défi nous intéresse. La soirée se termine par une dégustation de truites cuites sur le vieux Hibachi de mon père et bien du placotage autour du feu de camp. On ne se lève pas de bonne heure. Ce n’est pas grave, on a toute la journée pour pêcher sur le Dufour. On décide de se faire un lunch pour le dîner puisque le lac sera peut-être moins facile que notre pêche de la veille au Sapin. Finalement, on arrive à notre lac vers 9 h 30. Il y a un beau petit vent mais le Dufour étant un petit lac, il n’y a pas de problème. On décide de pêcher au lancer léger puisqu’on ne voit pas de signe de gobages sur le lac. Ce matin, Yvan est plus rapide pour monter sa canne. On opte tous pour le même type de leurre, une bonne Toronto Wobbler suivi d’un beau ver, en se disant que si ça ne marche pas à notre goût, il sera toujours temps de modifier l’approche. On se laisse dériver vers le centre du lac, en espérant trouver le spot où la truite se montera collaboratrice. Encore comme la veille, on a rapidement des attaques sur nos vers. Le fun est dans la chaloupe et on repassera pour un lac difficile. Vers 11 heures, on décide de compter nos prises. Il nous en manque seulement 7 pour combler le tableau. D’un commun accord, on décide d’aller sur le bord du lac pour manger notre lunch et boire quelques bières même s’il n’est pas encore midi. Cette pause nous permettra d’étirer le plaisir. Finalement, la pêche se termine encore trop rapidement. De retour à l’accueil, le proposé, en nous voyant arrivé si tôt, nous demande de ne pas lâcher qu’il vente trop c’est pour cela que ça ne mort pas beaucoup. Non, on finit par lui dire qu’on a notre quota. Il est bien surpris que le Dufour ait donné ses premières truites de la saison. Finalement, la dernière journée de notre séjour arrive avec la possibilité de prendre quelques poissons sur un lac de grosses truites. Mon père a souvent pris des truites de 10 à 12 pouces lors de ses voyages de pêches avec nos oncles mais jamais de truites de quelques livres. Selon la règle de la pourvoirie, un guide nous accompagne pour cette excursion au lac Simard. Il nous mentionne qu’il n’apporte pas sa canne ce matin et il nous dit : — ‘Selon ce que j’ai entendu hier, y parait que c’est pas un problème pour vous de prendre de la truite’. Après avoir traversé les lacs Long et Croche, on doit faire un court portage vers le lac Simard. Yves est sélectionné pour être dans la chaloupe du guide et mon père et moi on embarque dans l’autre embarcation. Le guide en voyant notre équipement nous mentionne : — ‘Vous n’avez pas d’épuisettes avec vous’. Personnellement, je ne suis pas un fan des épuisettes pour la pêche à la truite. J’aime mieux prendre mon temps et les remonter dans la chaloupe au bon moment. Yves prend la première après quelques minutes de pêche. C’est une truite d’environ 14 pouces. Elle n’est pas énorme selon le guide mais il doit la conserver puisque le ‘catch and release’ est interdit sur ce lac. De notre côté, Papa capture la première truite de notre duo. Elle doit avoir environ 16 pouces. Elle n’entre même pas dans le trou du vieux panier en osier de mon père. Il est content comme un jeune qui vient de prendre sa première truite. On a pris encore trop rapidement nos deux truites permises par pêcheur. C’est Yvan qui a pris la plus grosse. Sûrement, les plus grosses truites que mon père a pêchées de toute sa vie. C’est le retour à Québec, avec la tête plein de souvenirs mémorables. Tout un voyage de pêche. Mon père s’est promené pendant plusieurs jours avec les photos de nos truites pour épater la parenté et ses confrères de travail. On n’a plus eu l’occasion de pêcher entre père et fils. Mon père est décédé quelques années plus tard. Il doit encore en parler à ses chums au paradis.
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